MSP : comment mutualiser les équipements médicaux et réduire les coûts ?

par Thomas Puig le 27 févr. 2026 08:00:01

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Fin 2023, on comptait environ 2 395 MSP actives en France regroupant plus de 32 000 professionnels de santé, avec un objectif gouvernemental de 4 000 structures d'ici 2027. Ce mouvement n'est pas un hasard : la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) répond à plusieurs crises simultanées — désertification médicale, isolement des praticiens, lourdeur administrative du libéral individuel. Mais au-delà de ces enjeux de santé publique, c'est aussi un modèle économique radicalement différent du cabinet solo, notamment sur la question de l'équipement.

Car l'un des principaux atouts des maisons de santé pluriprofessionnelles réside dans la mutualisation des services : secrétariat, gestion administrative, matériel médical sont autant d'éléments qui, en cabinet individuel, représentent une charge supplémentaire pour les soignants. En MSP, ces ressources sont partagées pour alléger le quotidien des praticiens.

Mais comment organiser concrètement cette mutualisation des équipements ? Quels matériels partager en priorité ? Comment financer l'achat collectif ? Et quels pièges éviter ? Ce guide répond à toutes ces questions.

Pourquoi la mutualisation des équipements change tout en MSP

Un médecin généraliste qui s'installe seul doit financer l'intégralité de son plateau technique : table d'examen, électrocardiographe, tensiomètre, logiciel de gestion, matériel informatique, mobilier de salle d'attente... La liste est longue, et la facture peut dépasser 20 000 à 30 000 € dès l'ouverture, avant même qu'un seul patient ait poussé la porte.

En MSP, ce même plateau technique est financé collectivement par l'ensemble des associés. Si dix professionnels de santé se regroupent, le coût individuel d'un équipement à 10 000 € tombe mécaniquement à 1 000 € par personne. Mais la mutualisation va bien plus loin que la simple division arithmétique du coût d'achat.

La mutualisation des ressources et des infrastructures permet de réaliser des économies d'échelle. Elle permet aussi d'accéder à des équipements de qualité supérieure qu'aucun praticien n'aurait pu se permettre seul — un échocardiographe, une plateforme baropodométrique, une cabine audiométrique — et de les rentabiliser grâce à un usage partagé et intensif.

Les coûts de gestion (standard, systèmes d'information, serveurs informatiques, etc.) peuvent être mutualisés, de même que certains investissements lourds à réaliser dans l'achat des dispositifs médicaux.

Le cadre juridique : la SISA, structure de référence pour la mutualisation

Avant de se lancer dans l'achat commun d'équipements, il est indispensable de poser le bon cadre juridique. La structure de référence pour les MSP est la Société Interprofessionnelle de Soins Ambulatoires (SISA).

La SISA est un statut spécifique conçu pour les structures de soins ambulatoires pluriprofessionnelles. Elle permet aux membres de mutualiser certains moyens tout en exerçant leur activité en toute autonomie, avec possibilité de partager des locaux, équipements et systèmes d'information, tout en conservant une flexibilité fiscale et l'autonomie de chaque professionnel.

C'est la SISA qui est titulaire des contrats d'équipement, qui paie les loyers de leasing ou les mensualités de crédit, et qui répartit les charges entre les associés selon les modalités définies dans les statuts. Elle permet également de percevoir les rémunérations de l'Assurance Maladie dans le cadre de l'Accord Conventionnel Interprofessionnel (ACI), qui constituent un levier de financement supplémentaire pour l'équipement de la structure.

Sans SISA, la mutualisation reste possible mais devient juridiquement complexe : il faut établir des conventions de mise à disposition entre chaque praticien, gérer la propriété en indivision, et s'exposer à des conflits en cas de départ d'un associé.

Quels équipements mutualiser en priorité ?

Tous les équipements ne se prêtent pas également à la mutualisation. Voici comment hiérarchiser les achats collectifs selon leur intérêt et leur faisabilité.

Les équipements à mutualiser en priorité

Le secrétariat et la réception sont les premières ressources à partager. Un poste de secrétariat partagé entre dix praticiens coûte bien moins cher que dix secrétaires individuels — et assure une continuité d'accueil que le cabinet solo ne peut pas toujours garantir. C'est souvent le premier poste de dépense mutualisé, et le plus immédiatement rentable.

Le matériel informatique et le système d'information partagé sont incontournables. Un serveur commun, un logiciel de dossier patient partagé (DPI), une infrastructure réseau sécurisée hébergée par un Hébergeur Agréé Données de Santé (HDS) : ces investissements représentent un coût élevé pour un cabinet solo, mais deviennent très accessibles à l'échelle d'une MSP. Des échanges interprofessionnels facilités, une équipe pluriprofessionnelle et une meilleure intégration dans l'écosystème de santé local découlent naturellement d'un système d'information bien conçu.

La salle d'attente et les espaces communs ne doivent jamais être doublonnés. Un seul espace d'accueil, bien conçu, bien équipé (mobilier, signalétique, affichage patient, connexion Wi-Fi) suffit pour l'ensemble des praticiens. Le coût du mobilier de salle d'attente, qui peut paraître anecdotique, représente un poste significatif à l'installation.

Les équipements diagnostiques polyvalents sont les candidats idéaux à la mutualisation. Un électrocardiographe utilisable par le médecin généraliste, le cardiologue et l'interniste ; un tensiomètre connecté accessible à toutes les consultations ; une balance médicale connectée partagée ; un oxymètre de pouls disponible pour tous. Ce sont des équipements peu encombrants, peu sensibles aux contraintes d'hygiène entre utilisateurs, et dont le coût unitaire est suffisamment élevé pour justifier un achat commun.

Les équipements techniques spécialisés sont particulièrement adaptés à la mutualisation dans les MSP pluridisciplinaires : une salle d'échographie partagée entre le cardiologue et le gynécologue, une cabine audiométrique accessible au médecin généraliste et à l'ORL, une plateforme baropodométrique mutualisée entre le podologue et le kinésithérapeute. Ces équipements coûteux sont sous-utilisés dans un cabinet individuel mais peuvent atteindre un taux d'utilisation optimal dans une MSP active.

Les équipements qui restent individuels

Certains équipements ne se partagent pas, pour des raisons d'hygiène, d'ergonomie ou d'organisation. Le stéthoscope reste individuel — c'est un outil de soin personnel qui doit être désinfecté selon des protocoles stricts. Le fauteuil de consultation ou la table d'examen restent généralement dédiés à chaque salle de consultation (même si la salle peut être partagée entre plusieurs praticiens qui se succèdent). Les instruments invasifs (matériel de suture, instruments podologiques, matériel dentaire) sont strictement individuels ou à usage unique.

Comment financer les équipements mutualisés ?

La question du financement est centrale, et souvent mal anticipée lors de la création d'une MSP. Plusieurs leviers existent, souvent complémentaires.

Les aides publiques : un levier sous-exploité

La Région Île-de-France, par exemple, peut participer au financement d'acquisition d'équipements médicaux, mobiliers et informatiques à hauteur de 50 % de la dépense dans la limite de 100 000 €. Des dispositifs similaires existent dans toutes les régions, avec des taux et des plafonds variables.

L'État propose plusieurs dispositifs de financement pour soutenir la création des MSP, notamment des subventions pour l'aménagement des locaux et l'achat d'équipements. Des organismes tels que les Agences Régionales de Santé (ARS) offrent un accompagnement personnalisé aux porteurs de projets.

L'ACI (Accord Conventionnel Interprofessionnel) verse par ailleurs une rémunération forfaitaire à la MSP en fonction des indicateurs de qualité et de coordination atteints. Une partie de cette rémunération peut être fléchée vers l'équipement de la structure.

La démarche pour accéder à ces aides nécessite de constituer un dossier de demande de subvention auprès de l'ARS ou de la Région, en justifiant les besoins et en présentant des devis. C'est un travail administratif non négligeable, mais le retour sur investissement est direct.

Le leasing collectif : la solution la plus souple

Pour les équipements non couverts par les subventions, le leasing (crédit-bail ou location financière) souscrit au nom de la SISA est la solution la plus adaptée à l'économie d'une MSP. Les avantages sont multiples.

D'abord, il n'y a pas d'investissement initial lourd à l'ouverture, au moment où la trésorerie est la plus tendue. Les mensualités sont fixes et prévisibles, ce qui facilite la construction du budget prévisionnel de la SISA. Elles sont intégralement déductibles en charges de fonctionnement de la structure, ce qui optimise la fiscalité collective. Enfin, en fin de contrat, il est possible de renouveler l'équipement sans décaisser une nouvelle somme importante.

La durée du contrat (36 à 84 mois) peut être calée sur la durée de vie prévisible du matériel : 36 mois pour le matériel informatique à forte obsolescence technologique, 60 à 84 mois pour le mobilier médical et les équipements durables.

La répartition des charges entre associés

Reste la question de la répartition interne des coûts entre les praticiens de la MSP. Plusieurs clés de répartition sont possibles : à parts égales entre tous les associés (simple mais parfois inéquitable si les usages sont très différents), au prorata du nombre de consultations (plus juste mais plus complexe à calculer), ou par catégorie d'équipement (chaque professionnel contribue davantage aux équipements qu'il utilise). Ce point doit être formalisé dans les statuts de la SISA ou dans un règlement intérieur pour éviter les conflits ultérieurs.

Les pièges à éviter dans la mutualisation

Ne pas anticiper les départs

Un associé qui quitte la MSP pose la question de sa part dans les équipements collectifs. Si un équipement est en leasing au nom de la SISA, son départ n'a pas d'impact immédiat sur le contrat. En revanche, s'il était copropriétaire d'équipements achetés comptant, il faudra racheter sa quote-part — ce qui peut créer une tension de trésorerie au mauvais moment. Prévoyez ces situations dans les statuts.

Sous-estimer les coûts de maintenance partagée

Un équipement mutualisé s'use plus vite qu'un équipement individuel. Un électrocardiographe utilisé dix fois par jour par plusieurs praticiens ne durera pas aussi longtemps qu'un appareil utilisé deux fois par jour par un seul médecin. Intégrez des contrats de maintenance dans votre budget, et choisissez des fournisseurs dont le SAV est réactif.

Négliger la planification des usages

Un équipement partagé doit être planifié. Une salle d'échographie ou une cabine audiométrique nécessitent un planning de réservation rigoureux pour éviter les conflits entre praticiens. Intégrez la gestion des équipements partagés dans votre logiciel de gestion de cabinet dès le départ.

Confondre mutualisation et uniformisation

Chaque praticien a ses habitudes de travail et ses préférences en matière d'équipement. La mutualisation ne signifie pas que tout doit être identique pour tout le monde. Certains équipements individuels (stéthoscope, siège ergonomique, instruments de consultation) restent à la charge de chaque professionnel, et c'est normal.

Récapitulatif : ce que la MSP change concrètement sur les coûts d'équipement

Poste Cabinet solo MSP (10 praticiens) Économie estimée
Secrétariat 25 000 – 35 000 €/an 3 000 – 5 000 €/an/praticien 60 – 70 %
Système d'information 2 000 – 5 000 € 300 – 600 €/praticien 70 %
Mobilier salle d'attente 3 000 – 8 000 € 300 – 800 €/praticien 70 %
Électrocardiographe 2 000 – 5 000 € 200 – 500 €/praticien 70 – 80 %
Équipements spécialisés Souvent inaccessibles Accessibles via mutualisation Qualité supérieure au même coût

La mutualisation ne réduit pas seulement les coûts : elle donne accès à un niveau d'équipement qu'aucun des praticiens n'aurait pu s'offrir individuellement.

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Spécialiste du leasing pour les professionnels de santé, Marlon accompagne les MSP dans l'équipement de leurs espaces communs : mobilier médical, bureaux ergonomiques, matériel informatique, mobilier de salle d'attente, tables d'examen, et bien plus encore — plus de 1 000 produits disponibles, finançables de 36 à 84 mois au nom de la SISA.

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Catégories: Financement

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