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Réforme du financement des soins de ville 2026 : quel impact sur vos équipements ?

Rédigé par Thomas Puig | 18 juin 2026 05:30:00

La Loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025, a placé les soins de ville sous tension budgétaire. Pour les professionnels de santé libéraux, une question concrète se pose : dans un contexte de visibilité réduite sur les revenus, faut-il continuer à investir dans son plateau technique — et comment ?

Spoiler : aucune mesure de la réforme ne touche directement vos équipements. Mais l'environnement qu'elle crée change la donne pour vos décisions d'investissement. Décryptage.

Ce que change vraiment la LFSS 2026 pour les soins de ville

Commençons par les faits, en distinguant ce qui a été voté de ce qui a été retiré.

Une enveloppe « ville » serrée. L'ONDAM 2026 progresse de 3,1 % pour atteindre 274,4 Md€, dont 117,5 Md€ pour les soins de ville. L'enveloppe ville a été relevée par rapport au projet initial — qui ne prévoyait qu'une hausse de +0,9 % — mais elle reste étroite et placée « sous surveillance » par le comité d'alerte. Conséquence : des arbitrages tarifaires, conventionnels et prescriptifs peuvent intervenir au fil de l'année.

Des mesures qui pèsent sur l'exercice. Le texte limite la durée des arrêts de travail primo-prescrits (avec un plafond pouvant être fixé à 15 jours en ville par décret) et instaure une obligation vaccinale contre la grippe pour les libéraux.

Un virage vers la coordination et les soins non programmés. La réforme renforce les structures de soins non programmés en ville, harmonise la permanence des soins ambulatoires (PDSA) et le service d'accès aux soins (SAS), et pousse à un usage systématique du Dossier Médical Partagé (Mon espace santé).

Ce qui a été retiré ou censuré. Le compromis final a écarté les mesures les plus redoutées par la profession : la baisse unilatérale des tarifs visant les « rentes excessives », la surtaxe des dépassements d'honoraires et la hausse des franchises. Les sanctions financières liées au DMP ont, elles, été censurées par le Conseil constitutionnel. Enfin, la réforme du financement de la radiothérapie et de la dialyse a été reportée à 2027.

En résumé : pas de choc frontal sur les tarifs en 2026, mais une trajectoire budgétaire contrainte et une logique de « pertinence des soins » qui s'installe durablement.

L'impact indirect — mais réel — sur vos investissements

Si rien ne vise vos équipements directement, la réforme agit sur la variable qui conditionne toute décision d'investissement : la visibilité sur vos revenus.

Une enveloppe ville étroite, des arbitrages tarifaires possibles en cours d'année et une logique de sobriété des prescriptions créent un climat d'incertitude. Dans ce contexte, immobiliser une part importante de sa trésorerie dans un achat comptant d'équipement devient un pari plus risqué : l'argent sorti aujourd'hui ne reviendra pas si l'activité ou les tarifs évoluent défavorablement demain.

C'est le cœur du sujet : la réforme ne vous interdit pas d'investir, elle vous oblige à investir intelligemment.

La réforme pousse aussi vers des activités qui exigent de s'équiper

L'autre face de la médaille, souvent oubliée : les orientations de 2026 valorisent précisément des activités qui supposent un plateau technique ou numérique à jour.

  • Le numérique (Donum). La nouvelle dotation numérique, qui remplace le forfait structure, récompense l'équipement et l'usage de solutions sécurisées (logiciels référencés Ségur, téléservices), avec une rémunération pouvant atteindre 2 940 € par an. S'équiper devient une condition pour capter cette rémunération.
  • La télésurveillance médicale. Désormais prise en charge dans le droit commun, elle ouvre des revenus forfaitaires — à condition de disposer des dispositifs adaptés. À noter toutefois : un décret de mai 2026 introduit une dégressivité tarifaire pour certaines activités, signe que même les revenus numériques sont soumis à révision. Raison de plus pour ne pas figer son capital dans du matériel qui évoluera.
  • Les soins non programmés et la prévention. Le renforcement des soins non programmés et le virage préventif (dépistages) créent des opportunités d'activité — qui passent par l'équipement : diagnostic, dépistage, imagerie de proximité.

Autrement dit, rester équipé n'est pas un luxe : c'est la condition pour capter les revenus que la réforme valorise.

La vraie question : investir sans fragiliser sa trésorerie

Le praticien de 2026 est pris dans une tension simple :

  • D'un côté, il doit rester équipé pour répondre à la demande, se différencier et capter les nouvelles sources de revenus (numérique, télésurveillance, dépistage).
  • De l'autre, il doit préserver sa trésorerie et sa capacité d'emprunt dans un environnement où la visibilité sur les revenus s'est réduite.

L'achat comptant résout mal cette équation : il mobilise un capital important, au pire moment, sur un matériel qui se déprécie et que la technologie rendra obsolète. Le crédit bancaire classique, lui, pèse sur la capacité d'endettement — souvent déjà sollicitée pour les murs ou le fonds.

Pourquoi la LOA est une réponse adaptée à un environnement incertain

La location avec option d'achat (LOA) répond précisément à cette tension :

  • Zéro apport : vous vous équipez sans toucher à votre trésorerie ni à votre capacité d'emprunt.
  • Des loyers lissés et déductibles : une charge mensuelle prévisible, alignée sur vos revenus, plutôt qu'une sortie de capital ponctuelle.
  • De l'agilité : en fin de contrat, vous renouvelez ou faites évoluer votre matériel au lieu de rester bloqué sur une génération vieillissante — un atout quand les besoins et les tarifs bougent.
  • Une option d'achat pour devenir propriétaire du matériel que vous décidez de garder.

Dans un contexte où la maîtrise du risque devient centrale, la LOA permet de rester équipé tout en gardant la main sur sa trésorerie — c'est-à-dire de continuer à se développer sans s'exposer.

FAQ

La réforme 2026 baisse-t-elle les tarifs des actes en ville ? Pas directement en 2026 : les baisses tarifaires unilatérales visant les « rentes excessives » ont été retirées du texte final. Mais l'enveloppe ville est étroite et placée sous surveillance, ce qui laisse la porte ouverte à des arbitrages en cours d'année.

La LFSS 2026 prévoit-elle des aides à l'équipement ? Pas d'aide directe à l'achat de matériel. En revanche, la dotation numérique (Donum) récompense l'équipement numérique référencé Ségur, et la télésurveillance ouvre des revenus forfaitaires pour les praticiens équipés.

Faut-il reporter ses investissements ? Pas nécessairement. L'enjeu n'est pas d'investir moins, mais d'investir sans immobiliser sa trésorerie. La location avec option d'achat permet de s'équiper en lissant la charge et en gardant de la flexibilité.

Pourquoi privilégier la location plutôt que l'achat en 2026 ? Parce que l'environnement budgétaire est incertain et que le matériel se déprécie : la LOA préserve la trésorerie, étale une charge déductible et permet de renouveler le matériel quand les besoins évoluent.

En conclusion

La réforme du financement des soins de ville 2026 ne sanctionne pas directement vos équipements, mais elle redéfinit le cadre de vos décisions : enveloppe contrainte, visibilité réduite sur les revenus, et en même temps une incitation à s'équiper pour capter les nouvelles activités valorisées. Dans cette équation, la question n'est plus « investir ou pas », mais « investir en préservant sa trésorerie ».

C'est exactement ce que permet la LOA.

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