S’installer comme masseur-kinésithérapeute libéral dans un désert médical, c’est répondre à un besoin de santé publique majeur, tout en faisant face à des contraintes spécifiques. Pour encourager ces installations, l’Assurance Maladie, les Agences Régionales de Santé (ARS) et certaines collectivités territoriales ont mis en place des aides financières et logistiques ciblées.
Encore faut-il comprendre le zonage kiné, identifier les contrats incitatifs adaptés à sa situation et anticiper les engagements associés.
Le terme de « désert médical » correspond à des territoires où l’offre de soins est insuffisante au regard des besoins de la population. Pour les kinésithérapeutes, cette situation est objectivée par un zonage défini par les Agences régionales de santé à partir de l’indicateur APL (Accessibilité Potentielle Localisée), qui croise densité de professionnels et besoins de soins.
Depuis l’avenant 7 à la convention des masseurs-kinésithérapeutes, quatre catégories sont distinguées :
Zones très sous-dotées
Zones sous-dotées
Zones intermédiaires
Zones non prioritaires
👉 Seules les zones très sous-dotées et sous-dotées ouvrent droit à des aides financières nationales.
Le zonage est régulièrement révisé et consultable via l’outil RezoneKiné.
Le Contrat d’Aide à la Création de Cabinet de Masseur-Kinésithérapeute (CACCMK) s’adresse aux kinés qui créent ou reprennent un cabinet principal en zone très sous-dotée.
Durée : 5 ans
Montant total maximal : 49 000 €, répartis comme suit :
30 000 € à la signature
9 000 € la 2ᵉ année
5 000 € la 3ᵉ et la 4ᵉ année
Engagements principaux :
Exercer au moins 5 ans dans la zone
2 000 actes la 1ʳᵉ année, puis 3 000 actes/an
Plus de 50 % de l’activité réalisée dans la zone
Recours à un remplaçant en cas d’exercice isolé
Bonus accueil de stagiaire : 300 € par mois
Le Contrat d’Aide à l’Installation des Masseurs-Kinésithérapeutes (CAIMK) concerne les kinés qui rejoignent un cabinet déjà implanté, en exercice de groupe ou pluriprofessionnel (MSP, CPTS…).
15 000 € à la signature
Puis 9 000 € la 2ᵉ année
Et 5 000 € les deux années suivantes
Les engagements d’activité sont comparables à ceux du CACCMK.
Les kinés déjà en exercice dans une zone très sous-dotée peuvent bénéficier du Contrat d’Aide au Maintien d’Activité des Masseurs-Kinésithérapeutes (CAMMK).
Durée : 3 ans
Montant : 4 000 € par an, soit 12 000 € au total
Objectif : éviter les cessations d’activité dans des zones fragiles, en soutenant les cabinets existants.
En zone simplement sous-dotée, le Contrat Incitatif Masseur-Kinésithérapeute (CIMK) vise à prévenir la dégradation de l’offre de soins.
Il permet :
Une prise en charge partielle des cotisations sociales, jusqu’à 2 600 € par an
Une aide à l’équipement pouvant atteindre 3 000 € par an
👉 Engagement minimal : 3 ans, avec au moins ⅔ de l’activité réalisée dans la zone.
En complément des dispositifs nationaux, certaines collectivités territoriales proposent des aides spécifiques :
loyers professionnels modérés ou symboliques,
subventions à l’installation,
exonérations de CFE,
financement d’équipements,
accompagnement administratif.
Les dispositifs varient fortement selon les territoires. Exemples documentés :
Région Auvergne-Rhône-Alpes : Pass installation, jusqu’à 20 000 €
Communauté de communes du Kreiz-Breizh : prise en charge partielle des frais de cabinet
👉 Les ARS, mairies et communautés de communes sont des interlocuteurs clés.
Au-delà des aides financières, exercer en zone sous-dotée signifie :
une forte demande de soins,
une patientèle rapidement constituée,
une liberté d’installation accrue (contrairement aux zones sur-dotées souvent fermées),
mais aussi des contraintes réelles : isolement, remplacements plus complexes, éloignement hospitalier.
De nombreux kinés choisissent de s’appuyer sur des Maisons de Santé Pluridisciplinaires (MSP) pour mutualiser charges et organisation.
Dans les zones sous-dotées, les aides à l’installation soutiennent le revenu et l’activité, mais la question de l’équipement du cabinet reste centrale, notamment au démarrage.
Marlon est une plateforme française spécialisée dans la location d’équipements médicaux et de mobilier professionnel pour les professionnels de santé libéraux, dont les masseurs-kinésithérapeutes.
Marlon permet notamment :
d’accéder à du matériel professionnel sans investissement initial lourd,
de lisser les coûts d’équipement sous forme de loyers mensuels,
d’aligner les charges du cabinet avec son niveau d’activité réel,
de préserver la trésorerie, en complément des aides conventionnelles.
Dans un projet d’installation en désert médical, cette approche peut constituer un levier opérationnel complémentaire, notamment lors des premières années d’exercice, souvent les plus sensibles financièrement.
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